« Logan » : enfant bâtard ou fils à papa ?

Logan

de James Mangold

Que l’on soit geek, amateur de pop culture, bon public ou tout simplement friand de cinéma de genre, la sortie d’un film de super-héros représente toujours un rendez-vous social et cinéphilique incontournable, faisant couler au passage beaucoup d’encre. Les X-men sur grand écran font les beaux jours de Marvel (devenu une filiale de Disney en 2009) depuis maintenant 17ans… Entre les trilogies, les reboot et les spin-off sur Wolverine (dont des retours dans le temps générant une nouvelle timeline, rien que ça) autant dire qu’on se perd un peu dans cette cosmogonie complexe… Et sans vouloir dénigrer la qualité de la saga X-men aux multiples thématiques et aux enjeux dramatiques tout à fait pertinents, on a parfois le sentiment d’un récit un peu surexploité se jouant sous nos yeux. Le dernier-né, Logan, est-il comme on l’espérait l’enfant bâtard de cette saga super-héroique ou n’est-il qu’un énième fils à papa heureux de perpétuer l’héritage ?

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« Grave » : sexualité cannibale

Grave

de Julia Ducournau

Il est de notoriété publique que la production française n’est pas friande du cinéma de genre, particulièrement pour l’horrifique ou le gore. Si on est habitué à voir des comédies « efficaces » comme la prochaine recette De Chauveron et sa soupe grasse racisto-populiste, la diversité des saveurs artistiques ne figure pas encore au menu du pays du coq. Mais il serait cruel de ne pas repérer les tentatives ; issue de La Fémis (promotion 2008), Julia Ducournau réalise le film d’horreur Grave, en co-production avec la Belgique, obtenant au passage le grand prix de la 24e édition du Festival du film fantastique de Gérardmer.

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« Le cercle – Rings » : voir ce film peut tuer

Le cercle – Rings

de F. Javier Gutiérrez

C’était il y a presque 20 ans. Aujourd’hui, on se rappelle de cette silhouette fantomatique, de cette démarche, de sa longue chevelure humide et de ses yeux tueurs – au sens propre du terme. On a en tête ce corps sortant de la télévision, alliant brillamment une vieille croyance populaire japonaise et les avancées technologiques de notre époque, et tout cela en une seule scène dirigée par Hideo Nakata. Du pure génie qui n’existe que dans la magie du cinéma.

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« Snowden » : Itinéraire d’un héros moderne

Snowden

d’Oliver Stone

Snowden, traître pour les uns, valeureux chevalier de la nation pour les autres, a droit à son deuxième coup de projecteur avec ce biopic d’Oliver Stone. Laura Poitras avait déjà fait du lanceur d’alerte en exil le « héros » d’un documentaire accablant, très intime, au cœur des coulisses de la révélation : Citizenfour exposait à la face du monde le scandale d’espionnage de masse opéré par la NSA et communiqué dans le plus grand secret à des journalistes par l’ingénieur informatique Snowden. Celui ci y apparaissait comme un héros inattendu, œuvrant pour le bien commun et les libertés de tout un chacun.

Ce documentaire exceptionnel en temps réel, aux airs de film d’espionnage tant la tension était à son comble, a une réelle valeur historique. Cependant, le jargon informatique et judiciaire en ont peut-être rebuté plus d’uns, privant ainsi le grand public d’outils de compréhension essentiels pour saisir la nature de cette menace contemporaine pesant sur notre société. Le film d’Oliver Stone, certes imparfait, parvient à attirer l’attention du public sur la problématique de la surveillance de masse, en nous contant l’histoire d’un homme avant tout.

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Le cinéma de la nostalgie : quand les fans récupèrent les franchises

Le 12 décembre 2015 est sorti Star Wars VII, le Réveil de la Force. J’ai honoré cette petite sortie confidentielle en compagnie de ma maternelle à deux reprises. Je crus qu’une méconnaissance de cette saga mythique allait être un sérieux inconvénient, mais il s’agissait en réalité d’un avantage car c’est ce qui nous a plus ou moins fait apprécié le film.  Néanmoins, nous étions loin d’être les seules – non pas d’avoir vu Star Wars mais d’avoir cet étrange avis – à le considérer comme un bon divertissement prévisible mais sympathique. Une de mes meilleures amies m’affirmait avoir bien aimé l’Épisode VII : « Mais je n’ai pas vu les autres, donc je ne peux pas comparer », alors que les connaisseurs et les amoureux de la saga m’adressaient une profonde déception, voyant le nouveau bébé de J.J Abrams comme une pâle copie de l’Épisode IV.

Et c’est ainsi que je commence à comprendre dans quelle mare Star Wars a plongé. Si les fans de la franchise ont éprouvé le même désarrois que je ressentais au générique de fin de Jurassic World, je ne puis que partager ma sincère compassion. Par les Dieux de l’Olympe, dans quelle époque cinématographique sommes-nous, avec le retour de toutes ces franchises ? Une ère de nostalgie sonne t-il dans les cloches du temple du septième art ou n’y a t-il qu’une crise de la créativité ? Se replonger dans le passé n’est pas synonyme de copiage, si on constate que 99% des histoires ont déjà été racontées, ne diffère que la manière de la traiter. Ressentir ce qui a été des grands succès de cinéma montre que notre époque se soucie particulièrement de rassembler le plus grand nombre à travers le parfum de la nostalgie.

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