« Alien Covenant » : autodestruction d’un chef-d’œuvre

Alien Covenant

de Ridley Scott

Alien…

Je crois qu’il n’existe pas un plus grand amour du cinéma que mon adoration envers le mythique, sublime, terrifiant xénomorphe, cette effrayante créature au corps si sexué, sortie de l’imagination du génie Hans Ruedi Giger, incarnation du viol et du matriarcat des plus violents. Enfance, adolescence, aujourd’hui, Alien est mon maître, une adoration du septième art, qui restera à jamais dans mon sanctuaire sacrée des plus grandes sagas de l’Histoire.

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« Grave » : sexualité cannibale

Grave

de Julia Ducournau

Il est de notoriété publique que la production française n’est pas friande du cinéma de genre, particulièrement pour l’horrifique ou le gore. Si on est habitué à voir des comédies « efficaces » comme la prochaine recette De Chauveron et sa soupe grasse racisto-populiste, la diversité des saveurs artistiques ne figure pas encore au menu du pays du coq. Mais il serait cruel de ne pas repérer les tentatives ; issue de La Fémis (promotion 2008), Julia Ducournau réalise le film d’horreur Grave, en co-production avec la Belgique, obtenant au passage le grand prix de la 24e édition du Festival du film fantastique de Gérardmer.

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« Le cercle – Rings » : voir ce film peut tuer

Le cercle – Rings

de F. Javier Gutiérrez

C’était il y a presque 20 ans. Aujourd’hui, on se rappelle de cette silhouette fantomatique, de cette démarche, de sa longue chevelure humide et de ses yeux tueurs – au sens propre du terme. On a en tête ce corps sortant de la télévision, alliant brillamment une vieille croyance populaire japonaise et les avancées technologiques de notre époque, et tout cela en une seule scène dirigée par Hideo Nakata. Du pure génie qui n’existe que dans la magie du cinéma.

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Le cinéma de la nostalgie : quand les fans récupèrent les franchises

Le 12 décembre 2015 est sorti Star Wars VII, le Réveil de la Force. J’ai honoré cette petite sortie confidentielle en compagnie de ma maternelle à deux reprises. Je crus qu’une méconnaissance de cette saga mythique allait être un sérieux inconvénient, mais il s’agissait en réalité d’un avantage car c’est ce qui nous a plus ou moins fait apprécié le film.  Néanmoins, nous étions loin d’être les seules – non pas d’avoir vu Star Wars mais d’avoir cet étrange avis – à le considérer comme un bon divertissement prévisible mais sympathique. Une de mes meilleures amies m’affirmait avoir bien aimé l’Épisode VII : « Mais je n’ai pas vu les autres, donc je ne peux pas comparer », alors que les connaisseurs et les amoureux de la saga m’adressaient une profonde déception, voyant le nouveau bébé de J.J Abrams comme une pâle copie de l’Épisode IV.

Et c’est ainsi que je commence à comprendre dans quelle mare Star Wars a plongé. Si les fans de la franchise ont éprouvé le même désarrois que je ressentais au générique de fin de Jurassic World, je ne puis que partager ma sincère compassion. Par les Dieux de l’Olympe, dans quelle époque cinématographique sommes-nous, avec le retour de toutes ces franchises ? Une ère de nostalgie sonne t-il dans les cloches du temple du septième art ou n’y a t-il qu’une crise de la créativité ? Se replonger dans le passé n’est pas synonyme de copiage, si on constate que 99% des histoires ont déjà été racontées, ne diffère que la manière de la traiter. Ressentir ce qui a été des grands succès de cinéma montre que notre époque se soucie particulièrement de rassembler le plus grand nombre à travers le parfum de la nostalgie.

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Le cinéma de blockbuster : un empire culturel mondial

Le 16 décembre 2015, la sortie de Star Wars – Le réveil de la Force de J.J Abrams dans les salles françaises était précédée d’une longue période d’attente s’étalant en plusieurs années. Dans les mondes virtuel et physique, les futurs spectateurs échangeaient les plus brèves informations concernant l’avancement du projet, créant un véritable phénomène social à l’échelle mondial. Divers médias rappelaient la date du Jour J, des journaux traditionnels aux plateformes spécialisées jusqu’au petit paquet de céréales. Les salles, quasi complètes des jours à l’avance, devenaient les lieux de rendez-vous d’un événement planétaire. Bien que son ampleur n’arrive pas si souvent, ce phénomène social, culturel et industriel n’est pas inédit, figurant dans la lignée du cinéma des blockbusters.

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« L’olivier » : engagé et sans prétention

L’olivier (El Olivo)
d’Iciar Bollain

Il y a des œuvres qui sentent, transpirent la sincérité. On ne remettra que rarement en cause l’honnêteté de Ken Loach, quand certains réticents le trouvent insupportable pour son conformisme artistique. Un peu éloigné du cinéma que je suis « sensée » raffoler, je ne peux m’empêcher d’éprouver de l’affection envers la filmographie du brave auteur engagé. Aujourd’hui, son scénariste Paul Laverty propose ses loyaux services à l’Espagnole Iciar Bollain, réalisatrice de Même la Pluie. Parfaitement consciente des grandes imperfections de L’olivier, son nouveau film m’inflige la même impression que les expériences Jimmy’s Hall et Sweet Sixteen. 

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« The Witch » : pose-toi au lieu de sursauter

The Witch

de Robert Eggers

L’obésité du cinéma horrifique a accumulé sa graisse de jump scare jusqu’à faire désespérer les amoureux du genre. Les professionnels de la promotion en sont parfaitement conscients et le sous-titre de The Witch, « le cinéma horreur existe encore » (par Critique Cinéma) s’aligne sur les campagnes de communication prophétiques existant depuis le oh combien apprécié The Conjuring de James Wan – pour lequel je ne comprends toujours pas l’engouement. Qu’en est-il du premier film de Robert Eggers? En 1630, en Nouvelle-Angleterre, un patriarche dévot emmène sa famille bannie de leur colonie vivre en autarcie. Entourée d’une mystérieuse et vaste forêt, l’espérance d’une existence pieuse se transforme en descente aux enfers : les récoltes pourrissent, le nourrisson disparaît, la famille se déchire, la forêt les engloutit.

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