Les mythes fondateurs au musée du Louvre

Les plus célèbres mythes du monde mettent souvent en scène un grand personnage héroïque affrontant de très vilaines forces aspirant à notre destruction par le simple fait qu’elles nous haïssent illégitimement. Le monde repose alors sur une dualité où l’humanité devient le jeton d’un pari de deux grandes forces. Au bout du chemin tracé par le musée du Louvre pour nous replonger dans cet univers quasi universel, on s’aperçoit que le Héros de Joseph Campbell possède une garde-robe faciale impressionnante. Sa lourde tâche de combattre les forces du Mal l’empêche de prendre sa retraite tant méritée. À travers les siècles, les cultures et les religions, il s’appelle Horus, Gilgamesh, Héraclès, Icare, Anakin Skywalker succédé par un étrange parallèle entre Dark Vador et son fils.

La frontière du manichéisme est bien plus flou qu’en apparence et la destruction du Mal au péril de l’humanité n’est pas entre les mains d’un héros parfait. On oublie les terribles actions d’Hercule à l’égard de sa famille, pour n’en retenir que les faits héroïques du grand personnage de la mythologie hellénistique, ce qui est le cas de nombreux héros de mythes fondateurs. C’est le rapprochement du fascinant parcours de Dark Vador, situé entre une élection messianique et une déchéance à l’image d’Iblis. Se méfier des impulsifs comme du Jedi Obscur revient aussi sur le personnage antique d’Hercule.

Cette année, le musée ouvre ses bras pour accueillir une exposition digne de la démocratie culturelle. Des bas-reliefs antiques aux peintures classique, le mini parcours s’achève sur l’univers de Star Wars, dont le masque noir authentique de Dark Vador, un des objets majestés du secteur cinématographique contemporain en cuir et polyester. L’amusante cohabitation offre un cycle amusant renvoyant aux fantasmes quasi angoissés de l’humain : sa chute sauvée in extremis par un être exceptionnel, à la personnalité violemment forte et souvent confrontée à de terribles dilemmes.

La construction logistique du parcours, trop restreint pour une thématique aussi riche, témoigne un effort d’ouverture et de facilité pour les publics dits empêchés par un handicap physique – bien qu’il soit surprenant de voir une sortie de la Petite Galerie par escalier. La mise en place d’énigmes rapproche les enfants et les œuvres mais me fait poser personnellement la question sur la nécessité apparemment systématique d’inclure des jeux pour faire patienter les bambins au cours d’une visite muséologique; comme s’ils n’étaient pas suffisamment aptes à l’apprécier.

Malgré les cohérences de récits, il aurait été salutaire de souligner les différences et pas seulement sur le traitement des personnages, mais également sur la vision du mal. Si les Égyptiens considéraient celui-ci comme le Néant, d’autres visions l’expriment par la souffrance et par un pouvoir totalitaire concernant l’épopée Star Wars. Le Mal change aussi souvent de visage que son héros qui le combat, et ces deux entités reflètent les angoisses de leur société et ce qui les rassure. Néanmoins, jusqu’au 4 juillet 2016, la Petite Galerie offre un joli et sympathique parcours porté sur les mythes fondateurs de notre culture humaine.

 

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